Interview d’une étudiante berlinoise

cycliste à Berlin

Interview de Lea, à Berlin, par Michèle, créatrice et dirigeante de Cyclamelle – traduit de l’allemand.

Bonjour Lea,

Peux-tu te présenter ?

J’ai 30 ans, je suis encore étudiante : je fais un master en science de l’éducation.

Parallèlement, je travaille depuis deux mois, à temps partiel, chez BICICLI : c’est un concept store qui propose aux entreprises des flottes de vélos, et qui vend aussi aux particuliers.

Déjà à la fac j’étais très impliquée dans le monde du vélo. J’ai participé à des commissions pour encourager l’usage du vélo. A l’université, il y a un atelier qui permet d’entretenir son vélo, soit parce qu’on n’a pas la place chez soi, soit parce qu’on n’a pas les outils : j’y ai assuré de nombreuses permanences.

C’est ainsi qu’il m’a paru tout à fait naturel de chercher un travail cohérent avec mon action en faveur des nouvelles mobilités.

Comment c’est, de se déplacer à vélo, dans Berlin ? Une particularité pour les femmes ?

A vélo, comme en voiture, je pense que les femmes doivent s’affirmer.

Comme je suis très grande, quand les gens s’en rendent compte, je n’ai pas de problème pour être respectée.

Cela dit, il faut faire très attention quand on est dans la « dooring zone » (c’est l’expression anglaise qui est retenue en allemand) : la zone de risque d’ouverture des portières.

Peux-tu nous parler tes premières expériences à vélo ?

J’habitais à la campagne, dans le Niedersachsen (Basse Saxe). Dès le plus jeune âge, j’allais déjà à l’école à vélo : la plupart de mes camarades en faisaient autant, seule une petite minorité prenait le bus.

La maison regroupait les générations : ainsi ma mère pouvait travailler, il n’y avait pas de problème de garde d’enfants. Au départ, c’est donc ma grand-mère qui m’a accompagnée, ensuite, mon frère.

Et ton premier vélo ?

J’ai l’impression d’avoir toujours été à vélo, je ne me souviens pas du tout premier, tellement j’étais petite. Je me rappelle très bien, en revanche, mon premier VTT, j’avais 9 ans. Avec une fourche suspendue, jaune canari : une merveille !

Il t’est arrivé de te faire voler un vélo ? Si oui, comment as-tu réagi ?

On m’a volé mon premier vélo d’adulte. Ça ne m’a pas peinée car je ne l’aimais pas ; et puis il était assuré. Moyennant déclaration de vol et une attente de 3 semaines, j’ai été indemnisée : c’est ainsi que j’ai pu acheter mon vélo actuel.

Je pense qu’il faut assurer les vélos. Les assureurs imposent, évidemment, certaines catégories de cadenas. Les marques allemandes, ABUS, par exemple, attribuent elles-mêmes une notation : c’est le critère retenu par les assureurs, 5 étoiles minimum par exemple. Et il faut éviter les attaches rapides, qu’il s’agisse des roues ou de la selle.

Tu roules sur quel genre de vélo ?

A Berlin, je roule sur un vélo de course. Je l’ai acheté d’occasion mais qui n’avait pratiquement pas servi ; comme il n’était pas du dernier cri, il ne m’a pas coûté cher. Il fait 10 kg, il est donc très léger et je peux le porter facilement.

Qu’est-ce qui te plait dans ce mode de déplacement ?

Je n’ai pas à attendre le bus, à aller à la station de métro, je pars quand ça m’arrange.

On n’est pas enfermé. On est en interaction avec l’environnement, avec les gens.

En balade, on fait partie de la nature, on découvre d’autres chemins.

J’aime le sentiment de rouler, être rapide et agile et, symbolique forte, on avance !

Pour moi, le vélo met en accord le corps et l’esprit.

Le vélo fait-il aussi partie de tes loisirs, de tes vacances ?

Il y a un an, j’ai commencé à aller plus loin, et j’adore ça. Mon premier voyage allait de Berlin à Dresde, en 2 jours. J’avais fixé un porte-bagages sur mon vélo de course : comme il était trop chargé, ou trop léger pour ce poids, il vibrait, c’était limite.

J’ai donc acheté un vélo que je peux équiper de sacoches, à l’avant et à l’arrière, ça me permet d’emporter la tente pour camper. Ce vélo m’a emmenée en 12 jours de Berlin à Norwich, en Angleterre. Nous étions deux jusqu’à Rotterdam, où j’ai pris le bateau. J’avais combiné de retrouver mes parents en Angleterre ; ils y participaient à l’EROICA (événement vélo vintage) et ils ont chargé mon vélo sur leur Camper pour le retour. J’ai pris un vol Londres-Berlin.

Et ton prochain voyage ?

Je projette d’aller dans le Verdon. C’est une région qui me fait rêver. Je pense qu’il me faudra un mois, il faut que j’étudie bien le trajet, car il y a pas mal de montées et descentes.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui se met au vélo ?

Je pense qu’il faut choisir un vélo qui vous convient. Et qu’on a plaisir à utiliser. Un plaisir immédiat.

D’ailleurs ici les clients peuvent essayer les vélos. Sinon, ce serait comme acheter des chaussures qu’on n’a pas enfilées.

Je pense, récemment, au sourire d’un client qui a opté pour un Brompton : il était rayonnant !

Merci, Léa, pour ce partage d’expérience.

Je te souhaite un bon voyage dans le Verdon et plein de belles choses d’ici là : un grand plaisir au quotidien sur ton vélo de course ou ton vélo de route.

 

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